Opéra de Pékin

L'école de l'Opéra de Pékin

Hervé BRUHAT - Romain Pages Editions (2004)

 

A la découverte d'un art, celui du jingju, sans doute plus connu en Occident sous le nom "d'opéra de Pékin". Extrêmement populaire en Chine, cette expression artistique ne se limite pas, en réalité, au seul opéra de Pékin mais compte nombre d'autres opéras comme celui du Sichuan (chuanju), de Shanghai (yueju) et encore plus de 360 variantes régionales avec pas moins de 5 000 pièces différentes !

 

Illustré de très belles photos, l'ouvrage nous conduit dans les coulisses de l'opéra de Pékin, nous invitant à suivre les premiers pas (artistiques) d'enfants encore très jeunes et peux assurés, jusqu'aux grands maîtres, expressions vivantes d'une tradition parfaitement maîtrisée. Entre ces novices balbutiants et ces experts chevronnés, page après page on chemine aux côtés des élèves : entraînements, répétitions, apprentissages techniques, mais aussi des moments d'intimité et de détente (jeux, repas, anniversaires). Quelques sourires d'enfants mais l'ambiance est studieuse, même pour les plus petits...

 

Chant, mime, théâtre, comédie, danse, littérature, acrobaties et joutes martiales, tous les répertoires sont représentés sur les planches et le livre ne manque pas de les illustrer. Le grain de certains clichés souligne par ailleurs les effets scéniques produits par les costumes, les maquillages ou encore les masques.  Rigureux, l'opéra de Pékin ne laisse pas de place à l'improvisation, tout le répertoire obéit à des règles strictes et suit notamment - les clichés mettent particulièrement en valeur cet aspect - une  gestuelle très précise dans laquelle chaque mouvement porte une signification spécifique.

 

Les passionnés d'arts martiaux ne manqueront pas de s'attarder sur les deux chapitres consacrés à l'acrobatie et aux arts martiaux, deux disciplines étroitement liées dans l'opéra.

On découvre ainsi les wudan et les wushen, femmes et hommes qui interprètent les rôles de combattantes et de combattants : armes longues (lance, hallebarde...) et vêtements richement parés pour les officiers de haut rang, armes courtes (épée, sabre...) et combat à mains nues pour celles et ceux de rang inférieur. 

Beauté du geste et expressivité sont au final les qualités recherchées dans le combat d'arts martiaux à l'opéra, figurant davantage une danse qu'un affrontement violent.

 

Des photographies expressives et bien saisies, accompagnées de textes limpides et précis mais que l'on aurait apprécié un peu plus étoffés font de ce livre un ouvrage plaisant, esthétique et instructif qui mérite le détour.