YI Yulgok

Anthologie de la sagesse extrême-orientale

YI Yulgok (trad. par Philippe THIEBAULT)
Autres Temps Editions - 2009


Cet ouvrage, dont le nom originel est Songhakchipyo, oeuvre du philosophe coréen YI Yulgok, grande figure intellectuelle du XVIe siècle, dresse un condensé de la pensée chinoise et coréenne selon les canons des fameux classiques, mais va au-delà en livrant une réflexion sur l'art de gouverner, de diriger sa famille et de polir la culture de soi, le triumvirat des vertus confucéennes. Trois étapes successives indissociables qui vont de l'éducation de sa propre personne, en passant par celle de sa famille et dont l'aboutissement est la conduite du pays. Le postulat est que l'on ne peut diriger un pays si on est incapable de mener à bien sa propre existence.


Certains points sont évidemment marqués par le carcan de l'époque et les rigidités de la société traditionnelle coréenne, sur laquelle le confucianisme a d'ailleurs laissé une empreinte au fer rouge jusqu'à nos jours. Pour autant, il y a parfois des accents fulgurants de modernité ou tout simplement des lumières universelles qui font de cette lecture - assez austère il faut bien le dire - une étude édifiante. Finalement, un livre très classique sur la quête de soi et l'aspiration à un humanisme motivé par l'action au profit des autres.


Nous prendrons ici un passage qui nous simple significatif de la portée du discours et de son sens toujours présent pour l'homme du XXIe siècle, fusse-t-il européen :

"L'étude de l'homme profond doit être pleinement sincère. Les tâches étant lourdes et la route longue, si l'on ne progresse pas on reculera. A moins d'être pleinement sincère, comment parviendrait-on à un accomplissement ? Confucius dit : " Affrontant d'abord ce qui est difficile on reçoit ensuite plus facilement." Si l'on se donne tout entier à l'étude, les résultats finiront par venir, comment pourrait-on promettre d'avance ? Les gens d'aujourd'hui commencent par vouloir obtenir et cela entraîne la paresse. Parce qu'on promet d'avance et qu'on n'étudie pas à fond, on en arrive au bout de peu d'action à détester et le coeur se laisse prendre par la lassitude."