02/112013

Kihap ! Le cri qui frappe

Kihap 2

"Union des énergies", telle est la signification du terme coréen kihap, généralement désigné comme étant le cri qui accompagne les mouvements lors du combat ou d'un exercice technique. Ce cri permet la focalisation de l'énergie à un instant donné, et à ce titre est l'expression d'une forme de concentration, la libération d'une tension de l'esprit et du corps sur un objet donné pour libérer une puissance importante. 

Les applications du kihap sont de plusieurs ordres :

  • une manifestation de la volonté : le kihap permet d'affirmer sa décision, il démontre une détermination, il met en garde ;
  • un moyen de se motiver, de se stimuler : lorsque l'on est éprouvé physiquement, dans un combat, cela permet de clarifier l'esprit, de le dégager des éléments de peur qui brouillent la perception pour aller à l'essentiel, de soutenir le corps épuisé ;
  • une manière de se recentrer et de collecter en soi toute l'énergie disponible : à cet instant l'esprit se focalise sur un objectif précis et le corps libère la force contenue jusqu'alors, précise et explosive, notamment pour une casse ou un assaut décisif ;
  • une méthode pour perturber l'adversaire : un cri qui surgit au moment opportun peut déstabiliser un bref instant l'adversaire, ce qui permet de lui appliquer une technique pendant le laps de temps - presque suspendu - où il est surpris. C'est ce que l'on nomme parfois par dérision le "cri qui tue", expression un peu fantaisiste mais qui recèle un fond de vérité : le kihap estdonc un "cri qui frappe"... les esprits !

Le "vrai" kihap ne provient pas de la gorge mais du ventre, du bas de l'abdomen. Il est bref et puissant, il claque comme un coup, grave ou aigu. C'est un exercice en soi qui demande de la pratique et de l'expérience. Un kihap traduit les qualités d'un combattant et peut permettre de mesurer pour partie ses capacités martiales.

Certains mots peuvent aussi être délivrés comme des kihap. Ce sont généralement des consignes courtes et simples qui permettent pour un professeur de diriger un cours avec dynamisme afin de stimuler les élèves. Ce sont aussi, pour des policiers par exemple, des ordres destinés à interpeller et contrôler un criminel. La parole ainsi exprimée dégage par sa puissance et sa détermination la force contenue - mais persuasive - de celui qui en fait usage.

Parfois, une simple expiration, plus ou moins sonore, revêt également les qualités du kihap. Par ce chassement d'air bref et sec, le pratiquant libère une énergie, exprime une intention mais de nature plus subtile, moins puissante.

A côté de ce kihap traditionnel, symbole d'une énergie maîtrisée, d'autres cris sont possibles pour accompagner la gestuelle de combat. Ce sont des cris plus gutturaux qui connaissent toutes formes et toutes intensités. Ils sont généralement le prolongement d'un kihap classique. S'ils n'ont pas les qualités d'énergie et de puissance du kihap, ils permettent néanmoins d'occuper l'espace, de faire peur, de se stimuler...  Plus globalement, le kihap varie en intensité et en tonalité selon les circonstances et l'effet recherché, parfois selon le type de technique utilisée.

Le kihap accompagne une attitude générale, notamment le regard, qui exprime l'état d'esprit de l'individu dans son ensemble. En ce sens le kihap est une matière vivante et ne saurait être le simple accompagnement sonore d'un geste de combat.