17/052012

9 enseignements à retenir de JCVD : du bon usage du corps & de l'esprit

Histoire belge. A une époque où le royaume d'Albert II se crispe entre Wallons et Flamands, une icône suscite encore un relatif consensus, faible gage d'une unité nationale mise à mal : Jean-claude VAN DAMME ! A l'origine de bien des vocations de pugilistes dans les dojang de France et de Belgique, JCVD, de son vrai nom Jean-Claude VAN VARENBERG, ne se contente pas d'être un esthète du grand écart à la réplique cinglante. Il est aussi un maître à penser, filant avec maestria la métaphore et jonglant à son aise avec les concepts les plus complexes de la métaphysique. Découvrons ici, lecteur circonspect et goguenard, les enseignements du sieur VAN DAMME.

Ses quelques succès de compétition en light contact, sa filmographie dense et éclectique et ses réelles qualités techniques ne doivent pas occulter aux yeux du grand public son message, certes éthéré (aidé parfois en-cela par quelques substances peu orthodoxes) et difficilement accessible au premier venu mais pourtant riche d'un sens profond. Évidemment, plusieurs niveaux de lecture des aphorismes du maître JCVD sont possibles, le sage Belge ayant pris soin – du moins on le subodore – de crypter sa glose pour ne la délivrer qu'aux plus initiés...

Au travers d'une sélection rigoureuse des traits les plus saillants de la pensée vandammiste, le propos de la chronique du jour est d'étudier dans quelle mesure les paroles du maître peuvent être transposées à la pratique martiale, voire s'appliquer à des pans de notre vie quotidienne.

Un petit avertissement avant de commencer, la lecture de cette chronique implique une connaissance approfondie de l'anglais (et un peu de temps aussi). Et maintenant, enjoy !

JCVD

Toutes les parties du corps sont une arme

" Une noisette, j'la casse entre mes fesses tu vois... "

Pieds et poings sont les premiers outils corporels auxquels on pense lorsqu'il est question de moyens d'auto-défense à mains nues. La tête, avec le fameux coup de boule, est aussi un instrument de combat qui a les faveurs de quelques personnes en cas de nécessité. Évidemment, coudes et genoux sont aussi appréciés des connaisseurs pour leur efficacité, leur simplicité d'usage et le peu de risque que l'on encourt de se blesser en les utilisant (à la différence notable du coup de poing). Passées ces quelques parties de l'anatomie humaine, il semblerait que soit ignoré l'usage possible des autres zones de notre corps.

Toute la force de la démonstration de JCVD dans sa phrase laconique est justement cette parfaite illustration de la totalité du corps en tant que moyen de défense. Une contraction appropriée des muscles fessiers et du sphincter peut ainsi... briser une noisette. On imagine déjà toutes les applications martiales de cette technique dans le cas d'une tentative de viol !

Au-delà, ce sont les possibilités insoupçonnées des différentes parties du corps qui peuvent être utilisées pour des tâches variées : saisir une chaussette trainant sur le sol avec ses orteils ou encore utiliser sa langue pour pianoter sur le clavier de son smartphone... Très utile pour les manchots.

Plus sérieusement, chaque muscle, pour peu qu'il soit entraîné (ce qui passe par le renforcement musculaire, les assouplissements et surtout le contrôle harmonieux du corps et de l'esprit), peut s'avérer utile pour une utilisation efficiente et performante de notre corps, ce qui permet d'économiser des ressources et de se ménager intelligemment jusqu'à nos vieux jours.

Le tout est plus que la somme de ses parties

" Le monde est composé de flèches et de molécules, et d'électricité, comme le Big-Bang tu vois, et tout ça ensemble, ça forme l'Univers. "

Dans l'esprit scientifique occidental, la recherche de concepts simples, permettant de se dégager de considérations trop complexes à longtemps prévalu. Cependant, il apparaît qu'un ensemble (humain, technique...) ne se résume pas à la somme des entités qui le composent. Ainsi, on a coutume d'affirmer en science politique que l'intérêt général n'est pas réductible à la somme des intérêts individuels.

Dans les arts martiaux, le coup de poing est par exemple plus important que le poing lui-même et auquel on songe pourtant immédiatement dès que l'on entend l'expression « coup de poing. » Un coup de poing n'est finalement que l'aboutissement d'un processus biomécanique, déclenché par un réflexe ou une pensée, qui est supposé produire un effet, généralement un impact sur un adversaire afin de tenter de le mettre hors combat. Le repli des phalanges à l'inférieur de la main, la position correcte du poing, la trajectoire la plus pertinente ne sont que le résultat d'une chaîne combinée de mouvements partis du pivot du pied, passant par la rotation des hanches, la contraction des abdominaux, l'impulsion de l'épaule, et le déploiement de l'avant-bras jusqu'à la zone de frappe visée. Un coup de poing simplement délivré avec la force de l'épaule ne produit qu'un résultat médiocre, en tout cas sans commune mesure avec la puissance obtenue selon le schéma exposé. Ce fameux coup de poing est donc un coup de l'ensemble du corps.

En une époque où règne le culte de la spécialisation et des experts (sur un champ d'activité partiel), le holisme corporel tend à démontrer que les parties, prises isolément, sont nécessairement plus faibles que si elles travaillent de concert. En ce sens, la culture générale n'est-elle pas préférable à un savoir spécialisé, éminemment parcellaire, et donc isolé de considérations plus générales ?

La relativité de l'espace-temps

" On n'a pas la même perception du temps selon les species, c'est ce qui fait que je peux passer à main entre toi et moi comme ça , parce que pour l'oxygène, une seconde, c'est peut-être dix secondes, et pour le béton, une seconde, c'est peut-être un millième de seconde.. "

La perception de notre environnement est pour partie le fruit de notre éducation et de données socio-économiques. Toutes les cultures du monde ne partagent pas, et c'est heureux, la même vision dévolue à l'espace et surtout au temps. Le Parisien pressé d'aller faire ses courses du samedi au supermarché du coin, râlant pour 5 minutes de queue devant la caisse électronique, n'est pas l'Inuit qui part plusieurs jours à la chasse au phoque sur la banquise. Pourtant l'objectif est le même : se nourrir. On imagine pourtant sans peine que pour l'un et pour l'autre, le temps consacré à cette activité n'a pas la même importance. Et même pour un chasseur du dimanche dans la forêt solognote, la traque du sanglier ne revêt pas la dimension vitale de la capture d'un phoque par un Inuit. D'autant que l'Inuit aura pris beaucoup moins de bière s'il veut vraiment rapporter un peu à manger à la maison, enfin à l'igloo.

En combat, la perception du lieu et du moment change du tout au tout. Une aire de combat peut sembler tout d'un coup beaucoup plus petite ou une pièce soudain plus étroite si l'on est agressé, même dans un appartement pourtant vaste. Les secondes s'égrainent différemment, l'acharnement d'un agresseur peut sembler durer une éternité alors que ne s'écoulent que quelques secondes. Le coup de pied de l'adversaire que l'on voyait parfaitement à l'entraînement peut surgir inopinément en compétition et nous mettre KO sans même avoir aperçu le déclenchement de la technique.

Savoir apprécier le moment sans pour autant s'enfermer dans le culte de l'instant, voir et profiter de ce qui nous entoure au quotidien sans s'en lasser (garder la capacité à s'émerveiller), bref avoir conscience d'ici et maintenant, hic et nunc, c'est avoir la faculté d'observer l'environnement, se l'approprier pour y vivre sereinement et l'utiliser à son avantage si nécessaire.

L'élévation des niveaux de conscience

" Au début pour faire l'amour..., et je ne parle pas que de sexe..., il faut être physical, mais ensuite, il faut être plus mental,et après quand tu as un enfant, il faut être spiritual pour bien l'élever. "

De l'amour charnel à l'amour platonique... une progression dans les manifestations de l'amour, du plus physique au plus spirituel. La première union entre deux êtres se fait par un regard, puis par une étreinte. S'ensuit une passion partagée et enfin une fusion, les deux ne font plus qu'un. De mon âme à ton âme disent les moines zen (qu'ils soient ou non tombés amoureux de leur collègue moine). Mais le chapitre de l'amour n'est pas le seul concerné, et plus largement on peut considérer que toute connaissance, toute passion, toute aptitude est amenée à progresser, s'affiner et à se transmuer en quelque chose de plus en plus subtil, ineffable, transcendant.

Les arts martiaux japonais ont formalisé un concept qui correspond au triptyque shin (esprit) / gi technique) / taï (corps). Trois étapes d'une pratique authentique qui commence évidemment par les indispensables qualités physiques : force, souplesse, vitesse, endurance... En même temps que le corps s'affûte, la technique commence tout doucement à être apprivoisée. Après quelques années d'expérience et d'entraînement, le corps est suffisamment fort pour mettre en oeuvre des techniques plus complexes et plus efficaces. Les techniques prolongent et transcendent les capacités physiques. En parallèle s'amorce une compétence plus subtile, celle du mental et de l'esprit qui dépasse la science du combat pour en faire un art, une quête personnelle. Outre une aisance plus grande dans le combat (anticipation, intuition, maîtrise), c'est surtout la capacité, pour ceux qui touchent du doigt l'excellence, à terminer le combat avant même qu'il n'ait commencé.

Cette maîtrise, fruit d'une évolution, d'une progressivité et d'étapes incontournables, embrasse un champ plus grand que celui de la joute martiale et conduit en réalité la vie de tous ceux qui aspirent à donner sens à leur existence.

Communication non verbale

"A l'an 3000 les gens vont se parler avec,..., les yeux, des ondes. Ne me prend pas pour un fou les baleines le font, les dauphins aussi. Ce sont des animaux très intelligents dans la mer. Nous on vit dans la terre. Et eux se communiquent, vu qu'ils ne savent pas parler dans l'eau, ils sont forcés d'utiliser des ondes, des ondes de love ou de hate et la communication se fait comme ca."

La parole, donc la capacité à communiquer oralement des idées à d'autres personnes, est un talent extraordinaire. La parole permet de transmettre un savoir immatériel, des concepts des émotions, une histoire. Elle est aussi un moyen de régler un conflit autrement que par la confrontation physique. Cependant, la parole est parasitée, car entre ce je pense, ce que je dis, ce qui est transmis, ce qui est entendu, ce qui est compris et ce qui est restitué, viennent se glisser 1000 scories qui brouillent le message (interprétation, connaissance, culture, intelligence, bruit...). Parfois, la communication fait également perdre du temps et complique des choses qui sont pourtant simples.

La démonstration d'un coup de pied de face est plus efficace qu'une longue explication. Ça n'exclut pas le recours à la parole mais cette dernière va surtout compléter la démonstration concrète du mouvement. En combat tous les sens doivent être en éveil, la vue, certes; le touché évidemment : une saisie, une pression, un choc. L'ouïe également, pour entendre le frottement des vêtements lorsqu'un coup est déclenché ou saisir le souffle court de l'adversaire dont on sait alors qu'il est en mauvaise posture pour continuer l'assaut... Plus globalement, tout ce qui est de l'ordre de la perception, de la sensation, du sentiment doit être utilisé.

Ne pas se focaliser sur un seul sens, une seule source d'information, une seule idée, sans doute le plus sûr moyen de cultiver son esprit.

Mais nous en avons déjà trop dit...

La sagesse de l'expérience

"Les gens voient Van Damme en tant monsieur muscles, tout ça, c'est super, le karate, les arts martiaux, mais y'a aussi une force intérieure, que j'ai acquis avec les années. (...)"

Le talent n'attend point le nombre des années. Évidemment. C'est à la lumière de l'expérience que se forge néanmoins une connaissance intime des vicissitudes de l'existence humaine. L'expérience, c'est avoir goûté suffisamment de la vie pour en tirer un savoir concret, utile. L'expérience, c'est avoir connu l'échec puis la réussite et à nouveau l'échec. L'expérience c'est avoir appris, expérimenté, agi, réfléchi.

Des années à avoir usé son dobok sur les parquets, les tapis, les sols crasseux des gymnases ou les espaces herbeux et caillouteux des parcs forgent inévitablement le corps et le mental. Cette expérience personnelle confère une certaine confiance en soi, un ressort qui dégage une vraie force de caractère, une aptitude à se confronter au quotidien avec sérénité. Mais tout cela n'est que très personnel. On se découvre, indispensable mais non suffisant. L'essentiel vient ensuite, lorsque fort de ces expériences, après maints échanges avec ses confrères et consœurs de dojang, on développe une meilleure compréhension mutuelle. Les années d'entraînement ont cette vertu de nous faire comprendre l'inanité et le danger du combat. Paradoxe des arts martiaux, l'affrontement sur le tapis nous construit, nous grandit en même temps qu'il nous invite à ne pas combattre « pour de vrai. » Au final, la force intérieure évoquée par « The muscles from Brussels » ne se révèle et ne prend sens qu'à l'aune d'une double expérience, celles acquise face à soi même et celle gagnée auprès de celles et ceux qui nous entourent.

Connais-toi toi-même

"Mon modèle, c'est moi-même! Je suis mon meilleur modèle parce que je connais mes erreurs, mes qualités, mes victoires et mes défaites. Si je passe mon temps à prendre un autre modèle comme modèle, comment veux-tu que ce modèle puisse modeler dans la bonne ligne?"

Comparaison n'est pas raison. JCVD reprends avec ses mots, volontairement vulgarisés pour toucher en leur tréfonds les âmes décérébrées des adolescents de ce siècle, intoxiqués par des heures de visionage compulsif de programmes de télé-réalité, ce qu'en son temps la pythie de Delphes aurait déclamé et complété d'un fort sentencieux « ...et tu connaîtras l'univers et les dieux. » Rien de moins. La connaissance de soi ouvrirait ainsi les portes de la conscience, permettant de saisir nos propres limites, de parfaire nos qualités et de combattre nos défauts. Ce serait un chemin vers la sagesse.

La pratique martiale est une quête, celle de la perfection du geste tout d'abord, laquelle induit la recherche ultérieure de la maîtrise de soi, tant physique que mentale. La remise en question permanente est de rigueur, les conseils, les critiques et les remarques doivent être acceptés pour que se fasse jour une progression palpable. Mais quelles que soient les aides et les guides, c'est en l'individu que réside la capacité à s'améliorer. Les signes extérieurs sont une information précieuse mais seule une introspection objective et sincère, se manifestant par une action concrète, peut engendrer le changement.

Apprendre, désapprendre, réapprendre

"Ma devise, c'est toujours : se recréer. Il faut se recréer... pour recréer... a better you. Et ça, c'est très dur ! Et, et, et, et.... c'est très facile en même temps"

Dans la droite ligne de qui précède, la question de l'apprentissage est primordiale. L'existence n'est d'ailleurs qu'apprentissage, que ce soit les premiers pas ou les premiers mots à l'aube de l'existence. Puis l'écriture, la lecture, les études supérieures. Le permis de conduire. Le premier baiser. Les débuts professionnels. Et tout au cours de la vie il s'agira d'apprendre à nouveau, de découvrir, de tenter de comprendre, d'essayer de faire...

Hapkido, Karaté, Wushu, etc, les disciplines de combat ne font pas exception. Plus encore, aucune vérité n'est unique ni définitive dans les arts martiaux. Telle clé de poignet qui fonctionne sur un gars de 20 ans qui pèse 65 kg et fait 1,70 m ne marchera pas nécessairement sur celui de 35 ans avec ses 95 kg et ses 2 mètres. Le contexte, une donnée à ne jamais négliger. A chaque cas de figure la technique évolue. Cela ne signifie pas que la technique telle que précédemment exécutée n'est plus valable et doit être oubliée. Au contraire, les savoirs se complètent et se cumulent, ils s'adaptent. L'apprentissage martial suit à peu près le schéma suivant : l'étude et le respect de règles techniques imposées, une sorte d'alphabet qu'il faut connaître par coeur et qui passe par la répétition. Une fois cette connaissance acquise et intégrée vient le temps de l'analyse de ce que l'on a appris pour tenter d'en comprendre les mécanismes. Cette phase est souvent marquée par la défiance et une remise en cause partielle de ce qui a été étudié auparavant. Puis vient enfin la synthèse, l'assimilation profonde des arcanes de l'art avec spontanéité et créativité. D'une certaine marnière c'est un retour à la première étape dans un cycle perpétuel.

Se recréer, pour reprendre l'expression consacrée de l'ermite belge, c'est bien renouveler ce que l'on a en soi (savoirs, techniques, idées...) pour tendre vers un certain absolu. Le principe n'a rien de compliqué, pourtant est-il si aisé de rompre avec nos certitudes et nos acquis pour les questionner ?

Le dépassement de soi

"Il y a la douleur physique (primaire) et la douleur mentale (qu'on se rappelle, les souvenirs de la vie) et puis il y a le spirit qui lui n'a aucune douleur puisque... the final conclusion of spirit is perfection !"

La vie est souffrance. Ni masochisme ni pessimisme existentiel, simplement le constat que font (à ce qu'on dit) Bouddha, Socrate ou encore Jésus concernant nos maigres existences. Cette souffrance peut être physique et/ou psychologique, pour des causes généralement extérieures à notre propre volonté : maladie, blessures, handicaps, perte d'un être cher, pauvreté... Toutefois, la souffrance prise dans son acception la plus large est essentiellement d'ordre psychique et trouve son essence dans une forme de frustration. Frustration qui peut d'ailleurs naître des états cités en exemple supra. C'est sans doute la douleur la plus aigüe et la plus difficile à apaiser. Avoir conscience des tourments qui blessent notre âme, nous rendent malheureux et réussir à les dépasser, sans doute est-ce là la quête des religions, des philosophies et de la psychanalyse. Pourtant, la douleur se niche aussi auprès de chacun, même lorsque tout va pour le mieux. Les contraintes de l'existence sont ainsi des sources de souffrance inépuisables, quotidiennes et par conséquent particulièrement frustrantes.

Apprendre un art martial, dans nos sociétés occidentales, relève du loisir car a priori ce n'est pas une nécessité pour survivre dans ce monde si hostile soit-il. Ce loisir n'est d'ailleurs pas accessible à tous car le prix d'une cotisation ou l'absence de dojang à proximité peut dissuader plus d'une personne qui aurait de faibles revenus ou pas de moyen de transport. Ce loisir, dûment choisi, est donc supposé être un plaisir même si quelques fins utilitaires motivent la pratique (perte de poids, auto-défense...). Or ce plaisir est pétri de moments douloureux : pompes, abdominaux, bleus sur les tibias, ecchymoses sur le visage, ordres du professeur, apprentissage de mouvements complexes... Mais de toute cette douleur, pour le pratiquant assidu, surgit un ensemble de joie et de bien-être. Curieux. Ce phénomène, c'est l'apprentissage de la douleur et la découverte de la capacité à la surmonter. La souffrance est ici tout autant physique (les coups, les exercices) que morale (les contraintes de l'apprentissage, des ordres, de la discipline) mais elle débouche sur un sentiment de plénitude. Tout apprentissage est une souffrance mais celle-ci ne devient plus à terme qu'une information qui permet de mener harmonieusement la barque de son existence. Connaître de petites douleurs, les expérimenter, les accepter puis les dépasser permet de faire face avec plus d'allant dans l'adversité.

No pain no gain.

Persévérance et conviction

"Il faut que tu crois encore plus ce que tu crois, et quand tu commences à croire ce que tu crois, y a personne au monde qui peut te bouger !"

Patience est mère de toutes les vertus. Se remettre sans cesse à la tâche est un précepte bien connu pour quiconque souhaite prospérer dans son art ou son métier. Pour cela il faut savoir y consacrer temps et énergie. Le moteur d'une telle détermination est évidemment la motivation, une ressource que seul l'individu peut déclencher et animer au fond de son être.

Le maître d'arts martiaux n'enseigne finalement que peu de choses à son élève, il est surtout là pour le guider dans sa pratique et lui faire découvrir quelles sont en lui les capacités qu'il recèle, pour les exploiter au mieux par la suite. Il montre la voie... Le plus talentueux des élèves ne fera rien s'il ne prend sur lui de fournir les efforts nécessaires. Les arts martiaux sont une discipline ingrate : l'apprentissage est long, les réussites sporadiques, les échecs fréquents, la remise en cause permanente, les connaissances relatives. La motivation doit donc se nourrir de persévérance (le goût de l'effort et la patience) et de conviction (la capacité à croire en ses propres capacités sans nier ses faiblesses). Cette attitude ne signifie pas que l'aveuglement soit de mise, cela n'a rien de commun non plus avec les certitudes sectaires ou toute doctrine intangible. La continuité dans l'action et la conviction, c'est accepter que l'on puisse se tromper tout en aspirant à devenir chaque jour quelqu'un de meilleur.

Alors, s'il subsiste un doute dans les esprits quant à la portée philosphico-martiale des dits de Jean-Claude, rassurez vous, l'oeuvre du bien heureux a fait l'objet d'une étude par l'éminent et (pas si) sérieux Léopold Ferdinand-David Vandermeulen : Initiation à l'ontologie de Jean-Claude Van Damme. Si ce n'est pas une preuve de la portée de la pensée de JCVD...

Au fait, pourquoi seulement 9 citations alors que l'exégèse de Jean-Claude compte des centaines d'aphorismes ? Tout simplement pour faire écho aux 9 dan supposés mener jusqu'à la très haute maîtrise de nombreux arts martiaux...

Enfin, pour finir en beauté, nous réparons une injustice en vous invitant à visionner ci-après le film le plus méconnu de la filmographie de JCVD : Monaco Forever.