10/082010

Expo budo

Dans le prolongement de nos investigations martialo-culturelles, le mois d'août a été l'occasion de quelques découvertes pour le moins sympathiques, une invitation à aller flâner dans les allées des musées et les galeries d'art, à l'abri de la chaleur estivale et des turpitudes de Paris Plage... Suivez le guide !

Budoka

Sur les conseils d'un routard des dojos bien avisé, nous avons apprécié avec délectation une petite expo photo, Budoka no kokoro, qui s'est tenue à l'Imprimerie (16, rue Meri 75004 Paris). Le photographe Frédérick CARNET, en collaboration avec Léo TAMAKI, a produit une série de clichés avec des figures fortes et charismatiques des arts martiaux nippons comme les maîtres Noboyushi Tamura, Kono Yoshinori et d'autres encore, représentants des budo traditionnels aussi divers que le Karaté, l'Aïkido ou le Kenjutsu.. Des photos pleines de vie et de lumière, soulignant avec un charme discret l'expression contenue des visages, la force tranquille des mains ouvragées par le temps et la pratique, la puissance des muscles souples et déliés et la grâce des techniques surgies comme spontanément et sans effort.

Un travail à la qualité esthétique certaine et non dénué de sens. Une expression corporelle certes classique mais qui a l'avantage, s'agissant de la matière martiale, de ne pas nécessairement tomber dans le spectaculaire ou le tour de force. Une approche pas si courante dès lors qu'il s'agit de mettre sur pellicule - numérique - des as du coup de tatane et du cassage de planches...

Si vous souhaitez voir cette exposition, une 2ème chance vous sera donnée au Cloître Ouvert à l'occasion du Paris Photo Off, du 1er au 21 novembre 2010. Ne manquez pas le site de l'artiste : http://www.frederickcarnet.com

Musée Guimet

Dans la foulée de notre escapade culturelle, un passage obligé par le musée Guimet que nous n'avions pas arpenté de longue date. Au programme, une exposition au titre alléchant : Samouraïs, moines et ninjas. Quand le manga revisite l'histoire japonaise. Disons le tout de suite, nous nous sommes laissé abuser nous-mêmes en nous arrêtant au tryptique : samouraïs, moines et ninjas... En effet, la dimension manga avait été complètement occultée par notre inconscient. Du coup, un peu déçu. Eh oui,en réalité pas grand chose à voir sur ces grands noms des arts martiaux, si ce n'est en feuilletant les pages des mangas mis généreusement à disposition... Quelques illustrations, quelques textes mais finalement une visite, somme tout classique, du musée, s'est révélée plus éclairante sur la chose martiale que l'exposition à l'accroche prometteuse. Le panneau de tsuba et les quelques lames de katana  ainsi que les estampes représentant guerriers et hommes de l'ombre nippons de la collection permanente sont ainsi venus à bout de notre soif, attisée par le titre de l'expo, de voir de fantasques samouraïs , des ninjas sanguinaires ou des moines lubriques. 

Toutefois, un minimum d'objectivité nous oblige à reconnaître que les codes des arts martiaux sont souvent illustrés dans les mangas et que l'esthétique de ces BD reprend à son compte le style des estampes des grands maîtres de la peinture japonaise. Les mangas se font l'expression graphique, teintée d'histoire, de légende et de folklore, d'une certaine dimension (souvent idéalisée) des arts martiaux. Bilan de l'opération : une bonne occasion de retourner au musée Guimée dont il est bon de rappeler que la collection coréenne, certes modeste, n'en demeure pas moins très appréciable.

On retiendra de cette modeste odyssée parisienne et estivale, qu'il est possible de trouver, en cherchant bien, des événements qui font la part belle aux arts martiaux et cela en tant que véritables objets d'étude et de curiosité, au croisement des arts, de la culture et des sciences. Signe que ce patrimoine humain est tout-à-fait digne d'estime et d'intérêt.